Grand Angle
CAN 2025 : Les journalistes se prononcent sur la décision de la CAF
La décision de la Confédération Africaine de Football d’attribuer la victoire finale de la CAN 2025 au Maroc, plusieurs semaines après le sacre du Sénégal sur le terrain, continue de susciter une vive polémique.
Entre incompréhension, indignation et questionnements juridiques, cette affaire divise profondément le monde du football africain. Journalistes, observateurs et acteurs du sport se sont exprimés pour analyser une décision jugée par beaucoup tardive et lourde de conséquences.
Dans ce panel, plusieurs voix apportent leur lecture d’une situation qui pourrait marquer un tournant dans la crédibilité et la gouvernance du football africain.

Shama Ya
Shamad Ya (Sport-ivoire) : » fragiliser la crédibilité de l’institution et ternir l’image du football africain «
» Selon moi, la décision du Jury disciplinaire de la CAF aurait été plus pertinente si elle était intervenue plus tôt. Parce que selon les règles du football, lorsqu’une équipe quitte le terrain en plein match, l’arbitre est en droit d’interrompre la rencontre et de déclarer l’adversaire vainqueur, ce qui n’as pas été faite sur place par l’arbitre lors de la rencontre.
Appliquer une telle décision deux mois après la fin de la Compétition pose problème et pourrai fragiliser la crédibilité de l’institution et ternir l’image du football africain sur la scène internationale.
Déjà que cette édition avait suscité de nombreuses critiques où observateurs ont pointé du doigt des insuffisances liées à l’arbitrage, ainsi que certains comportements de supporters.
Ces éléments ont même certains à qualifier cette CAN comme l’une des moins réussies, voire à remettre en question son importance dans le calendrier international.
Dans ce contexte, les polémiques ne vont que s’aggraver, au lieu de renforcer l’autorité et la cohérence des instances dirigeantes du football africain, ainsi que la crédibilité du football Africain. »

Noé Richepin
Noé Richepin ( Journaliste Camerounais): » La CAF est au bord du gouffre depuis belle lurette »
» Sincèrement je n’ai pas d’avis, j’étais à la CAN au Maroc, il y régnait une atmosphère délétère.
L’ambiance morose autour des matchs des Lions de l’Atlas et ce goût amer de certains match gagnés grâce à l’arbitrage maison ou encore ce sentiment de « victoire à tous les prix » qui habitaient le peuple, dans l’ensemble des grandes villes du royaume traversées ne pouvaient aboutir qu’à un tel résultat aujourd’hui.
Mais bon, le Maroc entre dans l’histoire en voulant s’arroger après 1976 un deuxième trophée que tapis vert. Quant à la CAF, elle est au bord du gouffre depuis belle lurette.
Il ne manquait plus que ce petit soufflet pour atteindre le fond…
Le Sénégal, malgré les incidents autour de la finale est un beau vainqueur.
Le Maroc dans ce match n’a pas démérité. La rencontre est allée à son terme. Aurions-nous eu droit à un procès si le but sur penalty de Brahimi avait été marqué ?
Que non! Il faut savoir perdre avec les honneurs. Je ne vois pas cela dans cette victoire de bureau attribuée par la CAF au Maroc du foot. »
Sanogo Mamadou (Président UEFA Abobo) : » je trouve qu’il y a une mauvaise interprétation de la loi »
» En application de l’article 84 du Règlement, l’équipe du Sénégal a été déclarée forfait pour le match, dont le résultat est enregistré sur le score de 3-0 en faveur du Maroc.
Je trouve qu’il y a une mauvaise interprétation de la loi. En effet, L’équipe du Sénégal s’est retirée de façon temporaire et non de façon définitive. D’ailleurs tous les joueurs n’ont pas quitté la pelouse.
Ensuite, il y a eu la reprise et le match est allé jusqu’à son terme. En relisant bien l’article 82. Nulle part, il a été fait cas de temporalité.
Mais je pense que les Sénégalais vont devoir saisir le TAS en dernier recours, à l’effet de faire valoir leur droit. Mais ce n’est pas sûr que ça passe. »

Patrick Guitey, Journaliste – Consultant
Patrick Guitey (Journaliste – Consultant) : » ceci est un peu tiré par les cheveux »
« L’article 82 des règlements de la CAN est clair. Si une équipe quitte notamment le terrain avant la fin du match sans autorisation de l’arbitre, elle sera considérée comme perdante. L’article 83 continue pour dire que l’arbitre devra enregistrer l’absence et la noter sur son rapport qui servira d’élément de sanction de l’équipe qui s’est rendue coupable, par la commission d’organisation.
Mais, ma question est de savoir par quelle magie on constate, enregistre et note l’absence d’une équipe qui a finalement joué et gagné sous les yeux de Monsieur Jean Jacques Ndala Ngambo, l’arbitre de la finale de la CAN 2025 ?
A condition qu’on me montre un quelconque rapport accablant le sélection sénégalaise et datant du soir du match ou du lendemain de la finale produit par l’arbitre congolais, je trouve que tout ceci est un peu tiré par les cheveux.
Ça manque vraiment d’élégance et cette décision de retirer le trophée au Sénégal écorche encore plus l’image du football africain, tout comme le comportement de Pape Thiaw, tout comme celui de certains joueurs Marocains ainsi que l’attitude de plusieurs spectateurs marocains et sénégalais. »

Koné Abel, journaliste sportif ivoirien
Koné Abel ( Génération Nouvelle) : » le football africain ne sort pas grandi »
» Il y a des défaites qui font mal. Et puis il y a des victoires qui dérangent. Celle du Maroc à la CAN 2025 appartient clairement à la deuxième catégorie.
Avec cette décision du Jury d’appel de la CAF, le football africain ne sort pas grandi. Sur la pelouse, le Sénégal avait écrit son histoire, au courage, à la sueur, au bout de la prolongation.
Mais dans les bureaux feutrés de la Confédération africaine de football, une autre histoire a été rédigée.
Une histoire froide, administrative, presque déconnectée de l’émotion du jeu. Oui, le règlement existe.
Oui, il doit être respecté. Mais depuis quand un trophée continental se décide-t-il loin du terrain, loin des supporters, loin de ce qui fait l’essence même du football ?
Le Maroc récupère un titre. Le Sénégal perd bien plus qu’un match : il perd une reconnaissance.
Et l’Afrique du football, elle, perd un peu de sa crédibilité. Le plus inquiétant, ce n’est pas la sanction.
C’est le précédent. Car demain, quelle valeur aura une victoire si elle peut être effacée après coup ? »

François Gael MBALA
(Journaliste Camerounais) : » La CAF punit la protestation »
« Deux mois. Il a fallu deux mois à la CAF pour trouver le courage de faire ce que personne n’osait imaginer, c’est à dire voler un titre gagné sur le terrain.
La blague du siècle. On nous parle de règlement, d’articles 82 et 84. Mais où était ce règlement quand les lasers éblouissaient Édouard Mendy ?
Quand la zone VAR était infiltrée ?
Quand on a refusé le pénalty au Cameroun face à ce même Maroc au point même de donner un carton rouge à Mbeumo ?
La CAF punit la protestation, pas la provocation. Elle sanctionne la victime, pas le bourreau.
Ce n’est pas seulement un titre qu’on a retiré au Sénégal. C’est la crédibilité du football africain tout entier qu’on a jetée à la poubelle au gré des intérêts qu’on ignore ».

Paul Bagnini
Paul Bagnini (Frat Mat) : » C’est regrettable »
« C’est regrettable. Deux mois après la CAN, je pense qu’on aurait pu faire l’économie de tout cela à l’Afrique. C’est lors du premier jugement que la CAF aurait dû appliquer les textes. C’est l’arbitre de la rencontre qui s’est fourvoyé. Il aurait dû acter le forfait quand les sénégalais sont sortis du terrain. Ou alors distribuer des cartons d’avertissement aux joueurs concernés. Au lieu de cela, il n’a rien fait. C’est normal que le Maroc veuille profiter de la faille.
Mais en même temps, eux aussi ont accepté de jouer après le coup de sang des sénégalais. Mine de rien le match s’est joué. Les Marocains doivent reconnaître qu’ils ont perdu cette finale. Ce sont eux après tout, qui ont créé cette suspicion, avec les histoires de serviettes et autres… Bref la CAF a déconné. On espère qu’elle va s’en sortir.
En même temps, cette situation doit servir de leçon aux Sénégalais. Ils doivent apprendre à cultiver le fait play».
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