Pros Ivoiriens
Davy Gui, l’avenir au cœur du jeu
Dans l’univers du ballon rond, certains noms évoquent d’abord un autre monde. Celui de la musique, par exemple. Mais si le grand frère fait danser les foules avec des punchlines percutantes, le cadet, lui, rêve de les faire vibrer avec ses passes et son volume de jeu. Davy Jean Carl Kamon Gui, 18 ans, milieu de terrain ivoirien de Dijon, trace son propre chemin. Un chemin fait de labeur, de persévérance, et d’un amour profond pour le football. À travers cette interview exclusive accordée à Stadivoire, le jeune joueur se livre avec sincérité sur son parcours, ses ambitions et ses racines.
Né à Péhé, dans le département de Toulépleu, à l’ouest de la Côte d’Ivoire, Davy a grandi loin du tumulte des grandes villes, mais tout près des valeurs qui forgent un homme : la famille, la rigueur, la foi. C’est son père, passionné de foot, qui l’inscrit au centre Volcan Junior, où il découvre les bases du jeu. « C’est là que tout a commencé », confie-t-il.
De 13 à 15 ans, il y forge ses premiers réflexes avant de rejoindre OSA, un club alors en D3, aujourd’hui en Ligue 1 ivoirienne. Puis vient un passage au Williamsville AC, écourté par une blessure, mais qui lui permet malgré tout de disputer 10 matchs et de signer 3 passes décisives. Repéré par le coach Israël Oussou, il rejoint ensuite l’ASI d’Abengourou. Une belle saison plus tard, Dijon lui ouvre ses portes à l’été 2024.
Sa première saison dans le championnat National français ? Un baptême du feu bien négocié. « J’ai commencé par les entraînements… puis un jour, le coach m’a lancé contre Aubagne. J’ai joué tout le match, et depuis je suis titulaire. » Milieu relayeur au profil box-to-box, Davy impressionne par son volume de jeu (jusqu’à 12 km parcourus par match), sa vitesse et sa technique. Inspiré par Yaya Touré, il avoue devoir encore progresser dans le dernier geste, la finition et les passes décisives — des aspects qu’il travaille avec acharnement.

La saison écoulée s’est achevée sur une note mitigée pour Dijon, passé à six petits points de la montée en Ligue 2. « C’est frustrant, mais il y a une base solide. On joue un football construit, on aime garder le ballon. » Le jeune milieu évoque les blessures et les suspensions comme principaux freins à leur ambition. Pourtant, l’envie reste intacte. Sous contrat jusqu’en 2026, Davy reste concentré sur son club actuel, sans se fermer à l’idée d’un transfert ou d’un nouveau défi si l’opportunité se présente.
Côté sélection, il a déjà été pré-convoqué par les U20 ivoiriens en avril dernier, mais n’a pu répondre présent. Une fierté immense pour lui. « Bien sûr que je veux porter le maillot des Éléphants. J’ai grandi en regardant leurs matchs, j’ai vu les deux CAN gagnées. Représenter mon pays serait un honneur pour moi et pour toute ma famille. » Son rêve ultime ? Remporter la CAN avec la Côte d’Ivoire.
En dehors des terrains, Davy mène une vie sobre et disciplinée. Casanier, loin de sa famille restée en Côte d’Ivoire, il alterne repos, appels familiaux et séries pour se détendre. La pression, il l’apprivoise avec maturité. « Elle me motive. J’aime les matchs à enjeu, les contextes chauds. »

Aux jeunes Ivoiriens qui rêvent de devenir pros, il adresse un message simple mais fort : « Travaillez, croyez en vous, et surtout priez. Le talent seul ne suffit pas. Il faut de la patience, de la foi et beaucoup de persévérance. »
Encore méconnu du grand public, Davy Gui incarne cette nouvelle génération de footballeurs ivoiriens humbles, travailleurs et ambitieux. Il a déjà marqué ses premiers pas en France. Désormais, il vise plus haut, avec comme boussole la Côte d’Ivoire dans le cœur et la CAN dans un coin de l’esprit.
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