Grand Angle
Jean-Charles Ahoua : « Les Éléphants, c’est mon rêve » (Entretien exclusif)
Meilleur buteur du championnat tanzanien avec Simba SC, Jean-Charles Ahoua a réussi une première saison XXL dans l’un des plus grands clubs d’Afrique de l’Est. Dans cet entretien exclusif réalisé par Stadivoire, l’ancien attaquant du Stella Club d’Adjamé revient sur son intégration à Dar es Salaam, sa saison, les supporters, la barrière de la langue… et bien sûr son rêve ultime : rejoindre l’équipe nationale ivoirienne.
Ta première saison avec Simba SC a été remarquable. Tu t’attendais à un tel impact dès ton arrivée en Tanzanie ?
Jean-Charles Ahoua : Oui, je m’y attendais. Simba, c’est un grand club, donc je savais que ce ne serait pas simple. Je me suis préparé mentalement et physiquement pour affronter certaines réalités et répondre aux attentes dès mon arrivée.
Qu’est-ce qui t’a aidé à t’imposer aussi rapidement dans un environnement totalement nouveau ?
J.C.A : Honnêtement, j’ai eu la chance d’avoir des coéquipiers qui m’ont beaucoup aidé. J’ai aussi gardé confiance en moi, en mes qualités et en Dieu. Ma détermination et mon talent ont fait le reste, par la grâce de Dieu.
Quel a été pour toi le moment le plus fort de la saison, celui que tu n’oublieras jamais ?
J.C.A : Tous les matchs ont été importants. Chaque rencontre représentait un défi à relever, car j’étais attendu. Je suis arrivé par la grande porte, donc je ne pouvais pas me permettre de décevoir. Chaque match était comme une finale pour moi.
Simba, c’est un club historique avec une énorme ferveur. Comment tu as vécu cette passion des supporters au quotidien ?
J.C.A : C’est incroyable. Les fans de Simba sont formidables. Il y a des hauts et des bas dans le foot, mais eux restent toujours fidèles à leur club et à leurs joueurs. C’est quelque chose qui m’a beaucoup marqué.
Est-ce que le style de jeu tanzanien t’a surpris ? Tu venais de la Ligue 1 ivoirienne, il a fallu t’adapter tactiquement ?
J.C.A : Le football là-bas est assez proche de ce qu’on voit en Côte d’Ivoire. Mais les gens là-bas vivent vraiment le football avec passion. Ils font des choses incroyables pour leur club. C’est cette ferveur qui fait la différence.
👏🏾Félicitations à Jean-Charles Ahoua 🇨🇮 qui a terminé meilleur buteur du championnat tanzanien avec 16 buts. 🇹🇿🔥
Pour sa première saison avec Simba SC, il a été monstrueux avec 19 buts et 11 passes décisives confondues (selon mes données).
⬇️ pic.twitter.com/XwwbMSFL1q— Stadivoire (@Stadivoire) June 26, 2025
Tu termines meilleur buteur du club. C’était un objectif personnel ou c’est venu naturellement ?
J.C.A : C’était un objectif. Depuis ma dernière saison avec le Stella, je voulais terminer parmi les meilleurs buteurs. C’est un objectif que je me fixe chaque saison.
Parle-nous de l’ambiance dans le vestiaire. Une anecdote ou un surnom ?
J.C.A : (Rires) Il y a toujours des moments drôles dans un vestiaire, surtout dans un grand club comme Simba, mais je retiens surtout la solidarité. On était une vraie famille. C’est ce qui m’a beaucoup aidé à m’intégrer.
En dehors du terrain, comment s’est passée ton intégration en Tanzanie ?
J.C.A : Franchement, très bien. Ce qui m’a marqué là-bas, c’est la joie de vivre. C’est un pays sans palabres, toujours dans la bonne humeur (rire). Même plus qu’à Yopougon !
LIRE AUSSI – Jean-Charles Ahoua, l’Ivoirien qui explose en Tanzanie
La langue, la nourriture, la ville de Dar es Salaam… tu t’y es adapté facilement ?
J.C.A : Pas du tout facile au début ! Là-bas, on parle anglais et swahili, et franchement ça m’a fatigué (rire). Mais avec l’aide des coéquipiers, j’ai fini par m’adapter. Pour la culture, c’est presque pareil qu’en Côte d’Ivoire, sauf qu’il n’y a pas d’attiéké (rire), ça m’a manqué !
Après une telle saison, ton nom circule dans les rubriques mercato. As-tu reçu des approches concrètes d’autres clubs ?
J.C.A : Le mercato, on va attendre la fin pour en parler. Moi, je mets tout dans la main de Dieu. Il guide mes pas.
Est-ce qu’on peut s’attendre à un départ cet été ou tu préfères continuer l’aventure avec Simba SC ?
J.C.A : Pour l’instant, je suis encore sous contrat et concentré sur ce que j’ai à faire avec Simba. On verra ce que Dieu décidera.
Si tu devais franchir un cap, tu viserais quel type de championnat ?
J.C.A : Je n’ai pas de championnat favori. Mon objectif, c’est de progresser, travailler dur, et aller le plus haut possible, pour un jour intégrer l’équipe nationale.
Justement, parlons des Éléphants. Est-ce que tu as eu des contacts avec le staff ?
J.C.A : Pas encore. Mais j’espère que ça viendra.
Tu te sens prêt aujourd’hui à répondre à un appel en sélection A ?
J.C.A : Oui, je me sens prêt. C’est pour ça que je travaille dur tous les jours.
Avec la concurrence en attaque, qu’est-ce que tu pourrais apporter de différent aux Éléphants ?
J.C.A : Je peux apporter ma détermination, ma capacité à saisir ma chance. Je suis quelqu’un qui donne tout sur le terrain, et je pense pouvoir être utile.

Ton plus grand rêve avec les Éléphants ?
J.C.A : Porter ce maillot, disputer une CAN, une Coupe du monde… mais surtout représenter fièrement mon pays. La Côte d’Ivoire, c’est mon rêve.
Quel message aimerais-tu adresser aux supporters ivoiriens ?
J.C.A : Je les remercie pour leur soutien depuis mes débuts au Stella. Qu’ils continuent à croire en moi, je ferai tout pour les rendre fiers.
Et un mot pour les fans de Simba SC ?
J.C.A : Un grand merci ! Je me suis senti comme un fils du pays. Leur amour m’a porté toute la saison. Je ne l’oublierai jamais.
Ton mot de la fin pour la jeunesse ivoirienne ?
J.C.A : Croyez en vous. C’est tout. Rien n’est impossible si vous y croyez vraiment.
