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L’histoire de Inao Oulaï, la nouvelle pépite des Éléphants
À 19 ans, Christ Inao Oulaï vient de franchir un cap majeur dans sa jeune carrière : une première convocation en équipe nationale de Côte d’Ivoire. Une récompense méritée pour celui que beaucoup voient déjà comme la nouvelle pépite du milieu ivoirien. Mais qui est-il ? Voici son histoire.
Des débuts modestes à Yopougon
Né en 2006 à Yopougon (Abidjan), Christ Oulaï a grandi dans une famille de onze enfants où il est le plus petit des garçons. Chez les Oulaï, la vie tourne autour du football. Dans les ruelles poussiéreuses du quartier, il apprend le jeu à la dure : pieds nus, sur la terre battue, entre les voitures.
« Dans la vie, il y a la famille, le foot, le foot et encore le foot », confie-t-il avec un sourire à Corsematin.
À 12 ans, sa vie bascule. En effet, il rejoint la JMG Academy de Djekanou, l’un des berceaux du beau jeu à l’ivoirienne. Là-bas, les règles sont simples : pas de gardien, pas de ballon en l’air et pas de crampons avant de les mériter.
« Les crampons, ça se mérite. On joue pieds nus, on jongle toute la journée, puis on reçoit des baskets, et enfin des crampons », raconte-t-il.

Source : Page Instagram de la FIF.
Un apprentissage rude, exigeant, mais qui façonne son mental et affine sa technique. Ainsi à Djekanou, le petit Oulaï apprend à aimer le jeu, à penser le football avant de le jouer.
Premiers essais en Europe et pari bastiais
Grâce à ses performances, Christ est repéré très tôt. Il effectue plusieurs essais à Clermont, au Havre et à Wolfsburg, sans que ceux-ci ne débouchent immédiatement.
Mais son talent ne passe pas inaperçu : Pierre-Paul Antonetti, recruteur du Sporting Club de Bastia, le remarque lors d’un tournoi international au Maroc en 2022.
« Il avait une personnalité incroyable. Il jouait défenseur central, mais toujours vers l’avant. C’est rare de voir un gamin de cet âge avec autant d’audace », se souvient Antonetti.
Séduit, le recruteur insiste, négocie, et finit par convaincre l’entourage du joueur. En juillet 2024, Oulaï signe son premier contrat professionnel à Bastia.
Le choc du monde pro
Cependant, le passage du football académique à la rigueur du monde professionnel est brutal. En Ligue 2, le rythme, les contacts et la tactique sont d’un autre niveau.
Christ encaisse, apprend, et progresse vite. Après quelques mois d’adaptation et plusieurs matchs en N3, il fait ses grands débuts le 16 novembre 2024 en Coupe de France, avant de goûter à la Ligue 2 quelques jours plus tard contre Lorient.
Par conséquent, dès janvier 2025, il s’impose dans le onze bastiais. Onze matchs plus tard, il a conquis le cœur du staff et du public corse, par sa fougue et sa qualité de relance.
« Sa principale qualité, c’est la prise de risque, note Antonetti. Il joue toujours vers l’avant, sans peur. Mais il doit apprendre à gérer cette audace, sans devenir un joueur stéréotypé. »
L’envol à Trabzonspor
Repéré pour sa maturité et sa polyvalence, Christ Inao Oulaï rejoint Trabzonspor à l’été 2025. Milieu défensif de formation, il peut également évoluer en milieu offensif ou ailier droit. Une adaptabilité précieuse dans le jeu moderne.
Sous ses nouvelles couleurs, il affiche déjà des statistiques remarquables : 1 but, 2 passes décisives, 88,8 % de passes réussies, 76,5 % de dribbles réussis, 66 % de duels gagnés.
En effet, sa lecture du jeu et sa capacité à casser les lignes séduisent les observateurs. De plus, le milieu de terrain impressionne par son calme et son intelligence tactique, qualités héritées de la méthode JMG. Et quand on lui demande pourquoi il porte le numéro 42, le garçon répond avec un sourire : « C’est pour Yaya Touré, mon idole. J’ai toujours voulu jouer comme lui. »
Une nouvelle étoile chez les Éléphants
Résultat : Christ Inao Oulaï vient d’être convoqué pour la première fois en équipe nationale de Côte d’Ivoire, à l’occasion de la trêve de novembre. Une récompense logique pour un joueur aussi travailleur que talentueux.
En effet, de Yopougon à Trabzon, en passant par Djekanou et Bastia, le jeune homme a tracé sa route à la force du poignet. Humble, discipliné, et toujours avide de progrès, il incarne cette nouvelle génération ivoirienne ambitieuse et décomplexée.
« Je veux continuer à apprendre, progresser, et surtout, représenter fièrement mon pays », glisse-t-il simplement.
S’il doit encore gagner en régularité et en gestion du risque, Christ Inao Oulaï possède déjà tout pour s’imposer durablement. Mais à Trabzonspor comme en Côte d’Ivoire, on le sait : le diamant de Yopougon n’a pas fini de briller.
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