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Mel Togui, le buteur oublié qui rêve encore

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À 28 ans, l’ex-meilleur buteur du championnat ivoirien Mel Togui tente une renaissance au Rwanda. Récit d’un talent qui cherche toujours sa lumière.

Il fut un temps où Mel Togui était l’un des noms les plus prometteurs du football ivoirien. En 2018, le pays tout entier vibrait au rythme de ses buts. 23 réalisations en une saison sous les couleurs du SC Gagnoa, un record, une explosion.

À cette époque, chaque ballon qu’il touchait semblait se transformer en or. Formé à l’Espérance de Koumassi, passé par le Maroc, Togui était un pur produit du football ivoirien, mélange de puissance, de flair, de polyvalence et d’expérience. Sur le front de l’attaque, il pouvait tout faire. Et surtout, il savait marquer. On lui promettait les sommets.

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Le rêve européen, puis les turbulences

En juillet 2018, il pose ses valises à KV Malines, en Belgique. Une nouvelle étape. Une nouvelle vie. Celle du professionnel, du footballeur qui s’exporte, qui franchit un cap. Mais très vite, les promesses se fissurent. Togui peine à s’imposer dans un championnat exigeant, au rythme et au style de jeu radicalement différents.

Le doute s’installe, et les prêts s’enchaînent : Espérance de Tunis, RWDM, Hapoel Jérusalem… À chaque fois, une nouvelle tentative de rebond. Mais jamais la magie de Gagnoa ne revient complètement. Son compteur à Malines s’arrêtera à 10 buts en 40 matchs. Trop peu pour convaincre. Trop peu pour durer.

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Un chemin semé d’embûches

En 2023, il quitte définitivement la Belgique. Direction la Turquie, pour un nouveau souffle. Tuzlaspor, puis Beykoz Anadolu, et enfin Keciörengücü. Mais là encore, Togui ne parvient pas à retrouver l’élan. Il joue par à-coups, peine à enchaîner, à se montrer décisif.

Dans l’ombre de cette errance, un autre chiffre le hante : 2 petites sélections avec les Éléphants de Côte d’Ivoire, et puis plus rien. Comme un rendez-vous manqué avec l’histoire. Comme un destin suspendu.

Les mauvais choix, l’envers du rêve

Pourquoi un tel recul ? Pourquoi ce feu si prometteur s’est-il éteint si tôt ?

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« Généralement, le problème, ce sont les choix de carrière, parfois aussi l’hygiène de vie personnelle. » analyse Nasser Eddy, observateur averti du football ivoirien. « Trop de joueurs veulent l’Europe, mais pas à n’importe quel prix. Sans structure, sans accompagnement, on se perd. »

Togui n’est pas un cas isolé. Comme lui, de nombreux anciens meilleurs buteurs de la Ligue 1 ivoirienne ont disparu des radars après avoir tenté l’aventure européenne sans filet de sécurité.

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Aujourd’hui, à 28 ans, après six mois sans club, Mel Togui a pris une décision forte : rejoindre APR FC, au Rwanda. Un choix que certains verront comme un pas de côté. Mais peut-être est-ce là, justement, le vrai pas en avant.

Car plus que jamais, il veut retrouver le plaisir de jouer, reprendre goût au terrain, au vestiaire, au public. Ce qui lui a manqué ces dernières années, ce n’était peut-être pas seulement les buts. C’était la joie.

Une dernière chance ?

Il n’a que 28 ans. Le football peut encore lui tendre la main. Il sait que le temps presse, que les projecteurs ne s’allument pas deux fois pour tout le monde. Mais l’envie est là, et peut-être qu’au fond, le cœur n’a jamais cessé d’y croire.

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Mel Togui ne veut pas redevenir celui qu’il était à Gagnoa. Il veut devenir celui qu’il aurait dû être. Et parfois, c’est encore plus fort.

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